Quel amateur de chiens n'a pas, un jour, rêvé de fonder un élevage, de s'occuper de chiots, de participer à l'amélioration d'une race, de montrer ses produits dans les concours ?

Mais qui donc élève des chiens ? On imagine parfois que de gros élevages fournissent une grande partie des centaines de milliers de chiens de race inscrits au Livre des origines français. On pense aussi que les petits éleveurs amateurs sont très importants, en nombre comme par celui des chiots qu'ils élèvent.

Or, il faut se rendre à l'évidence, amateurs et professionnels sont relativement peu nombreux. Les éleveurs « réguliers », élevant en moyenne entre deux et cinq portées par an, sont moins de 3 000 ; les éleveurs « importants », produisant entre quinze et cinquante portées annuelles, ne sont pas 300. C'est bien peu, pour les 10 000 « producteurs » déclarant au LOF.

La grande masse est constituée, en fait, par des éleveurs « occasionnels », des propriétaires de chiennes de race qui, pour le « bien » de leur chienne, pour se rembourser des frais occasionnés par l'achat et l'entretien de leur animal, ou tout simplement parce qu'il est passionnant d'élever de « mignons » petits chiots, font naître une portée.

Ainsi, près de trois sur quatre de ces supposés éleveurs sont des particuliers. Certes, en nombre de chiens, leur importance est moins considérable, mais un chien de race sur trois provient de chez eux.

L'élevage du chien n'est pas toujours, loin de là, l'apanage de vrais éleveurs. Et quand on a affaire à de véritables éleveurs, ils sont le plus souvent modestes.

Les statistiques récentes de la Société centrale canine dessinent donc bien le visage réel de l'élevage canin : il s'agit avant tout d'une activité d'agrément et de loisirs, où souvent, cependant, peuvent intervenir des questions financières.

Cela nous rappelle fortement la tradition très ancrée dans nos mentalités des petits élevages (animaux de basse-cour, par exemple), lesquels permirent aux paysans d'autrefois d'améliorer leur condition (ou, plus récemment, aux petits retraités). La tradition s'est poursuivie avec les « néo-ruraux »qui jardinent, plantent., élèvent.

Depuis que le chien a acquis une valeur marchande et un statut privilégié dans notre société, l'espèce canine est de plus en plus choisie pour la pratique d'un petit élevage.

Mais si, pour la majorité, il s'agit seulement de faire en sorte que sa chienne connaisse une fois ou deux les joies de la maternité, il ne faudrait pas oublier qu'il existe au moins plusieurs centaines d'éleveurs pour qui l'élevage est chose sérieuse.

Ceux-là font preuve d'un certain mérite à pratiquer une activité mal connue et peu reconnue, quelque peu perdus dans une multitude de particuliers où peuvent se mêler de « faux » et de « mauvais éleveurs », les uns étant avant tout attirés par un gain rarement imposé, les autres persévérant dans la même médiocrité, par manque de connaissances suffisantes.

Les connaissances de l'éleveur

La question des connaissances est bien au centre des problèmes de l'élevage canin. Il n'existait, jusqu'à une période très récente, aucune véritable formation.

Certes, le candidat éleveur peut rassembler une documentation éparse dans des revues spécialisées et des bulletins de clubs, dans quelques rares ouvrages techniques, à défaut de lire les nombreuses et intéressantes publications de langue anglaise. Il peut aussi visiter des élevages réputés, se renseigner auprès d'éleveurs expérimentés.

Par l'adhésion et la participation à l'association spécialisée de la race qui l'intéresse, il accumulera aussi nombre d'informations.

Mais, en toute honnêteté, il faut dire que tout cela est hétéroclite, voire contradictoire, de valeur scientifique inégale, et très disséminé ; il n'y a pas encore de « voie royale » pour devenir éleveur.

Il est tout de même nécessaire, avant de passer à la pratique, d'acquérir un minimum de notions théoriques, par exemple en génétique ou en physiologie, qui sont aussi importantes que la connaissance du standard, des lignées et des champions.

Néanmoins, malgré un bagage théorique et technique, l'élevage sera un échec si l'on n'en possède pas le sens. La « fantaisie », souvent présentes dans l'élevage canin - font oublier l'absence de technicité qu'un dogmatisme étroit conduit aux mêmes erreurs.

Les questions d'alimentation ne devront pas préoccuper outre mesure l'éleveur débutant, même si elles suscitent nombre de préjugés (bienfaits ou méfaits de la viande, des légumes, du pain, des céréales, des suppléments les plus divers), dans la mesure où il existe à présent des gammes d'aliments composés, conçus pour l'élevage.

S'il choisit de préparer lui-même les l'éleveur devra rations alimentaires, s'attendre, à moins d'être un nutritionniste averti, à de sérieux déboires.

 
 

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